Accueil Date de création : 02/06/08 Dernière mise à jour : 14/02/10 10:31 / 357 articles publiés
 

18  (L'Elfe du Jaune) posté le lundi 21 juillet 2008 10:24

Il fallait donc changer les plans. Mais comment réparer une telle faute ? En amour, il y aurait forcément l’un des trois qui allait souffrir… Mais en termes de souffrance, n’était-ce pas déjà trop tard ?

Les quatre compagnons s’étaient installés à la terrasse d’un café pour réfléchir à une solution qui permettrait de rétablir l’équilibre qu’ils avaient malgré eux rompu.

-          C’est une catastrophe, se désolait Stella, non seulement c’est un échec, mais nous avons réussi à rendre malheureux Tommy et prétentieuse Mercredi.

-          Le soleil finit toujours par se coucher, glissa Horizon, je suis bien placé pour le savoir. Et c’est la nuit que les esprits s’apaisent et se reposent.

-          Alors là, se félicita Alezan, je suis heureux d’avoir fait ce voyage, de vous avoir supporté quatre ans et demi rien que pour entendre ça !

Tandis que l’une de ces royales personnes s’apprêtait à répondre à l’insolent centaure, dont l’assurance augmentait avec le temps jusqu’à en oublier le rang auquel il devait se tenir, une silhouette familière traversa le trottoir.

-          Non… Je t’en prie… Ecoute-moi… Accorde-moi une minute…

Lord Harrison était au téléphone. Dans la rue. Devant eux.

-          Je t’aime bon sang ! Tu le sais… Il n’y a que toi… Il n’y aura jamais que toi ! Tu ne comprends pas que c’est parce que tu me rejettes que… Non ! Ne raccroche pas ! Laisse-moi encore entendre ta voix… Elle n’est rien ! Je te le jure ! Personne ne sera jamais rien…

Après un silence, il jeta violemment son portable contre le mur avant de s’y adosser. Le visage entre ses mains.

Une jeune femme s’arrêta à sa hauteur.

-          Lord Harrison ? Vous êtes Lord Harrison ?

Il émergea de son chagrin et posa ses yeux sur la jolie créature qui venait de l’aborder. Le regard qu’il lançait était le même que ce soir là. Au cocktail. Devant Mercredi. Mêlant déception et détermination. Il prit la passante par la taille et lui sourit du moins tristement qu’il put.

-          Je suis Lord Harrison. Et je vous invite à boire un verre en ma compagnie.

L’inconnue se mit à rougir et se laissa agréablement emmener par l’acteur.

Stella et Horizon s’envoyèrent un air entendu.

       -    Je sais comment nous allons réparer notre bêtise ! Horizon ! Passe-moi le sifflet !

lien permanent

19  (L'Elfe du Jaune) posté le lundi 21 juillet 2008 10:24

Ce fut donc sous la forme de paparazzis que Stella et Horizon choisirent de rétablir le cours des choses.

Ils n’eurent dès lors de cesse de traquer Lord Harrison. Le moindre de ses dérapages. Le jeune acteur procédait toujours de la même façon. Un coup de téléphone. Une dispute. Et il enchainait alors sur la première jeune femme qu’il croisait. Comme par revanche. Pour se prouver qu’il n’avait pas besoin d’elle… Qu’il était le chat de Kipling, celui qui s’en va tout seul et pour lequel que tous les chemins se valent.

Mercredi ne voyait rien. Mercredi n’en savait rien. Elle se cramponnait à Lord Harrison comme elle se cramponnait à la lumière. Papillon de nuit collé aux réverbères à s’en brûler les ailes. Elle était toujours l’officielle de l’acteur. Les journaux parlaient toujours d’elle et cela lui suffisait à s’illusionner chaque jour davantage.

Mais à chaque écart de Lord Harrison, Stella et Horizon étaient là. Dissimulés. Ne perdant pas une seule image de ce qu’il vivait.

Et plus les jours défilaient, plus les photographies s’amoncelaient.

lien permanent

20  (L'Elfe du Jaune) posté le lundi 21 juillet 2008 10:24

Il s’était écoulé quelques semaines à peine dans cette atmosphère curieuse où chacun semblait s’aveugler de l’autre. Lord Harrison qui poursuivait ses escapades pour oublier les violentes conversations téléphoniques qu’il entretenait. Mercredi qui ne pensait plus qu’à s’afficher dans ses bras pour rester devant les objectifs. Seul Tommy demeurait patient. Luttant contre sa mélancolie. Se tenant prêt à accueillir le petit oiseau lorsqu’il tomberait du nid.

Lord Harrison avait été contacté par son agent. Un nouveau film se préparait. Il y tiendrait de nouveau la vedette. Et une nouvelle réception était naturellement organisée pour présenter le projet à la presse.

Stella et Horizon avaient étalé leurs clichés dans l’ensemble de leur chambre d’hôtel. Ceux-ci débordaient du lit et se répandaient jusque sur la moquette.

-          C’est maintenant qu’il faut le faire, dit Horizon, et lorsqu’elles seront sur toutes les couvertures, nous répartirons les magazines dans la salle du cocktail.

-          Désolés pour ce réveil un peu brutal, Mercredi, ajouta Stella.

Les tirages ne furent pas bien difficiles à vendre. Les rédacteurs de la presse people se ruèrent sur l’occasion comme des chacals sur une charogne. Dès le matin suivant, les kiosques regorgeaient des couvertures compromettantes.

Mercredi avait été préservée de cet abattage médiatique, cloitrée dans son palace, à l’abri pour quelques heures encore des rumeurs populaires.

C’est donc accrochée aux bras de Lord Harrison qu’elle fit une entrée remarquée au gala.

Elle sentit bien que quelque chose avait changé. Qu’on la regardait différemment. Qu’on lui répondait bizarrement lorsqu’elle s’approchait.

A la fois esseulée et centre de toutes les attentions, elle évoluait dans la salle avec un malaise évident. Elle aperçut Tommy dans la foule. Rassurée par son visage familier, elle s’avança vers lui, espérant trouver un peu de chaleur et quelques paroles amicales mais il lui jeta un regard d’une telle froideur qu’elle recula aussitôt.

lien permanent

23  (L'Elfe du Jaune) posté le lundi 21 juillet 2008 10:24

Tommy se préparait un café près du bruit vrombissant des photocopieuses. La tête encore embrumée des révélations de la veille. Ses gestes étaient désordonnés. Maladroits. Il ne savait plus très bien s’il avait eu raison, tort, s’il avait vécu, s’il avait rêvé, si les mots étaient vraiment sortis de sa bouche, hier soir, au fond de ce jardin.

Des murmures fusaient en amont du couloir. Tommy cogna la cafetière qui toussait sans donner la moindre goutte de café.

-          Et merde.

Il se retourna.

Mercredi était plantée devant lui. Des visages surgissaient des portes des bureaux. On s’avançait, s’agglutinait, tendait l’oreille, écarquillait les yeux.

-          J’ai réfléchi, commença-t-elle.

Il amorça une réponse. Elle le bâillonna d’un baiser.

-          Et je t’ai choisi toi. Thomas Golden.

Il n’eut pas même le temps de sourire. Deirdre Johnson avait jailli d’une porte voisine.

-   Il me faut des reporters, pour deux dépêches, annonça-t-elle, deux journalistes pour me couvrir les récentes tensions internationales entre l’orient et l’occident, et deux pour recueillir le témoignage d’une famille dont le chat a traversé tous les Etats Unis pour les retrouver.

Tommy lança un regard brillant à  Mercredi.

-          Les tensions internationales ! Ca c’est une aubaine de carrière, Mercredi ! Deirdre ne propose jamais ce genre d’opportunité d’habitude.

Mercredi lui rendit son sourire.

-          Tommy et moi prenons le chat, déclara-t-elle bien fort avant d’ajouter doucement, cette histoire me touche bien plus. Laissons les grands se déchirer du sommet de leurs montagnes inaccessibles. Un ami très cher à mon cœur m’a appris à préférer les émotions plus proches de nous.

Stella sentait l’aura de chaleur se répandre entre ses doigts. Sans la regarder, elle rangea la citrine dans une des poches d’Horizon. Le cœur battant à tout rompre.

-          Ca m’énerve de devoir aller à Paris chercher Malachite, avoua Alezan, alors qu’on pourrait s’occuper d’Améthyste maintenant, vu qu’elle habite aussi Los Angeles.

-  L’Oracle a dit qu’il fallait raviver les pierres dans l’ordre, rappela Fleur-de-Lotus.

Horizon alla s’asseoir près de Stella. Elle récupéra au fond de ses poches les trois joyaux qu’ils avaient déjà su ranimer.

-        Quand j’avais dix siècles, confia Horizon, je rêvais de traverser l’Arc-en-Ciel pour jouer avec toi sur la Terre Noire. Aujourd’hui, c’est l’Arc-en-Ciel tout entier que je reconstruis avec toi…

-          Et c’est comme tu l’imaginais ?

Horizon noua sa main dans celle de la princesse en guise de réponse. Elle le laissa faire. Allant jusqu’à resserrer ses doigts contre sa peau.

Fleur-de-Lotus ne les avait pas quittés des yeux. Elle termina alors la réponse qu’elle avait commencé à donner à Alezan.

       -    Et je crois que j’ai compris pourquoi

lien permanent

24  (L'Elfe du Jaune) posté le lundi 21 juillet 2008 10:24

Ils ne s’étaient jamais remis de la disparition de leur chat… C’est finalement le chat qui les a retrouvés…

La famille Ford avait vu Shalimar, leur chatte siamoise, s’échapper pendant leur déménagement de New York vers San Francisco. Désespérés ils avaient appris à vivre sans elle, jusqu’au jour où Shalimar reparut, devant leur porte. Sale. Amaigrie. Fatiguée. Mais bien là.

 

On raconte souvent que les chats sont indépendants. C’est vrai qu’ils suivent de multiples chemins, c’est vrai qu’ils savent vagabonder, observer, profiter du monde qui les entoure en restant persuadés qu’ils n’ont besoin que de leur seule liberté.

Mais éloignez-les des gens auxquels ils sont bien plus profondément attachés que ce qu’ils pensent, et ils reviennent toujours vers eux. Bravant les distances. Bravant les obstacles. Comme Shalimar. Car c’est auprès de ceux qu’ils aiment vraiment qu’ils se sentent véritablement heureux et vivants.

San Francisco, Mercredi pour ABC, à vous les studios… Tommy, tu me prends en photo avec Shalimar ?

lien permanent



 

fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à lindsaydole

Vous devez être connecté pour ajouter lindsaydole à vos amis

 
Créer un blog