La cour de récréation vrombissait des rires des enfants qui l’occupaient. Bagarres discrètes, ou moins discrètes. Amourettes et échanges de baisers furtifs. Amitiés qui se nouent et se dénouent… Des petits drames, des fous rires quotidiens autour du dernier jeu vidéo ou du parfum du goûter du voisin se tramaient autour de Jeudi.
Assise sur un banc, au fond de la cour, elle profitait de sa matinée de service pour prendre un peu le soleil entre la gestion de deux tragédies.

- Maîtresse ! Maîtresse ! Valentin m’a volé ma carte PocketMonster !!!
- Même pas vrai, c’est toi qui me l’as donnée d’abord !
- Nan ! Je lui ai prêtée et il ne veut pas me la rendre maintenant !
- Non ! Tu me l’as donnée !
- Non ! Prêtée ! Aïe ! Maîtresse ! Il me tire les cheveux !
- Non ! Donnée ! Maîtresse ! Il me pince le bras !
Depuis quelques secondes, Jeudi n’avait rien dit, occupée à gonfler ses poumons afin de sortir sa voix la plus claire et la plus déterminée.
- Ca suffit ! Valentin assied-toi ici ! Roméo, là bas ! Lorsque vous serez calmés je serai disposée à écouter votre problème. En attendant, donne-moi cette carte Roméo. Tant que vous ne saurez pas me dire à qui elle est, elle sera à moi. Et ferme la bouche Valentin s’il te plait, tu n’es pas autorisé à répondre.
Les deux enfants s’assirent en bougonnant et se mirent à se tirer la langue depuis leur pan de mur. Refusant chacun de renoncer le premier. Jeudi les ignorait quand une grande femme brune accourut dans sa direction.
- Jeudi ! Tu vas être contente ! L’inspecteur a donné son aval ! Ta classe verte est accordée. Il faudrait que tu montes lui faxer ton projet car la secrétaire l’a perdu. Vas- y vite ! Je te remplace dans la cour !
Jeudi se leva d’un bond et se précipita vers les escaliers qui montaient dans les bureaux de la direction.
- Merci Sophie ! Quant à ces deux là, précisa-t-elle en désignant Valentin et Roméo qui rouspétaient toujours contre leur mur, tu pourras lever leur punition s’ils te disent à qui appartient cette carte PocketMonster !
Les deux enfants haussèrent les épaules, dépités qu’elle n’ait pas oublié de dire à la directrice qu’ils étaient punis… Ils comptaient bien sur ce changement de surveillance opportun pour se carapater un peu plus loin. L’air de rien.










Tifet
jeu 21 aoû 2008 11:12