Tommy se préparait un café près du bruit vrombissant des photocopieuses. La tête encore embrumée des révélations de la veille. Ses gestes étaient désordonnés. Maladroits. Il ne savait plus très bien s’il avait eu raison, tort, s’il avait vécu, s’il avait rêvé, si les mots étaient vraiment sortis de sa bouche, hier soir, au fond de ce jardin.
Des murmures fusaient en amont du couloir. Tommy cogna la cafetière qui toussait sans donner la moindre goutte de café.
- Et merde.
Il se retourna.
Mercredi était plantée devant lui. Des visages surgissaient des portes des bureaux. On s’avançait, s’agglutinait, tendait l’oreille, écarquillait les yeux.
- J’ai réfléchi, commença-t-elle.
Il amorça une réponse. Elle le bâillonna d’un baiser.
- Et je t’ai choisi toi. Thomas Golden.

Il n’eut pas même le temps de sourire. Deirdre Johnson avait jailli d’une porte voisine.
- Il me faut des reporters, pour deux dépêches, annonça-t-elle, deux journalistes pour me couvrir les récentes tensions internationales entre l’orient et l’occident, et deux pour recueillir le témoignage d’une famille dont le chat a traversé tous les Etats Unis pour les retrouver.
Tommy lança un regard brillant à Mercredi.
- Les tensions internationales ! Ca c’est une aubaine de carrière, Mercredi ! Deirdre ne propose jamais ce genre d’opportunité d’habitude.
Mercredi lui rendit son sourire.
- Tommy et moi prenons le chat, déclara-t-elle bien fort avant d’ajouter doucement, cette histoire me touche bien plus. Laissons les grands se déchirer du sommet de leurs montagnes inaccessibles. Un ami très cher à mon cœur m’a appris à préférer les émotions plus proches de nous.
Stella sentait l’aura de chaleur se répandre entre ses doigts. Sans la regarder, elle rangea la citrine dans une des poches d’Horizon. Le cœur battant à tout rompre.
- Ca m’énerve de devoir aller à Paris chercher Malachite, avoua Alezan, alors qu’on pourrait s’occuper d’Améthyste maintenant, vu qu’elle habite aussi Los Angeles.
- L’Oracle a dit qu’il fallait raviver les pierres dans l’ordre, rappela Fleur-de-Lotus.
Horizon alla s’asseoir près de Stella. Elle récupéra au fond de ses poches les trois joyaux qu’ils avaient déjà su ranimer.
- Quand j’avais dix siècles, confia Horizon, je rêvais de traverser l’Arc-en-Ciel pour jouer avec toi sur la Terre Noire. Aujourd’hui, c’est l’Arc-en-Ciel tout entier que je reconstruis avec toi…
- Et c’est comme tu l’imaginais ?
Horizon noua sa main dans celle de la princesse en guise de réponse. Elle le laissa faire. Allant jusqu’à resserrer ses doigts contre sa peau.
Fleur-de-Lotus ne les avait pas quittés des yeux. Elle termina alors la réponse qu’elle avait commencé à donner à Alezan.
- Et je crois que j’ai compris pourquoi…











Nienna
dim 10 aoû 2008 09:05